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CS Booster #30 - 7 avril 2026

CS Booster #30 - 7 avril 2026
Savoir prioriser, le cœur du métier de CSM
Vous avez sûrement déjà vécu certaines de ces semaines où vous ne savez plus où donner de la tête. Les urgences s'accumulent ; tous vos clients ont besoin de vous en même temps, et vous terminez la journée en vous demandant où est passé votre précieux temps.
Vous n’êtes pas seul(e), au contraire. D'après les échanges que j'ai eus avec de nombreux CSM, il est souvent compliqué de prioriser ces actions. Qu'est-ce qui aura vraiment de l'impact ? Est-ce vraiment utile de passer autant de temps avec ce client ? Pourquoi le product ne priorise pas mes feedbacks dans la roadmap ?
Si tout cela vous semble familier, le concept de cette semaine devrait vous aider à y voir plus clair. Et si la dernière question, en particulier, résonne chez vous, le nouvel épisode du podcast de cette semaine devrait vous aider à mieux aligner les priorités entre CSM et product.
Bonne lecture !
François
Le concept : le modèle de Kano, pour comprendre et prioriser ce qui compte vraiment pour vos clients.
Comme l’épisode de cette semaine parle de collaboration avec le product, j’ai décidé de vous parler d’un outil que je trouve très fort pour comprendre l’impact des demandes sur la satisfaction client : le modèle de Kano. Et vous verrez, dans les exemples que j’ai sélectionnés, que cela fonctionne aussi avec d’autres actions CSM ! Savoir dans quelles catégories se situent vos actions ou les idées que vous partagez au produit, c’est déjà mesurer leur impact potentiel et les prioriser plus facilement.

Quand un client vous fait un retour, tous les feedbacks ne se valent pas. Certains concernent des choses qui semblent évidentes, d'autres des irritants du quotidien, et parfois, un client vous remercie pour quelque chose que vous n'aviez même pas identifié comme un atout. Ce n'est pas du hasard : il y a une logique derrière ces réactions. C'est exactement ce que le modèle de Kano permet de comprendre.
Développé dans les années 80 par Noriaki Kano, professeur japonais spécialiste de la qualité, ce modèle classe les attentes clients en trois grandes catégories, en fonction de leur impact sur la satisfaction. Et ce qui est puissant, c'est que ces catégories ne fonctionnent pas du tout de la même manière ! Les comprendre permet de mettre vos efforts, ou ceux de l’entreprise, au bon endroit.
Les basiques (ou « must-have ») sont les fonctionnalités ou services que vos clients considèrent comme le minimum. Ils ne vous en parleront jamais quand ça fonctionne, mais feront immédiatement remonter le problème si ça ne fonctionne pas. Pensez à la stabilité de votre plateforme, au respect des délais de réponse du support ou à la disponibilité des données promises. Leur présence ne suscite aucune amélioration notable de la satisfaction, tandis que leur absence entraîne une insatisfaction immédiate et profonde. C'est le socle. Si vous ne l'assurez pas, rien d'autre ne rattrapera la situation.
Les proportionnels (ou « performance ») sont les éléments qui permettent une augmentation linéaire de la satisfaction en fonction du niveau de réalisation. Plus vous en faites, plus le client est content. Moins vous en faites, moins il l'est. La rapidité de résolution des tickets, le nombre de cas d'usage déployés ou la profondeur de personnalisation de l'accompagnement en sont de bons exemples. C'est sur ces éléments que la concurrence se joue le plus souvent, et c'est ici que l'effort du CSM est le plus visible et le plus directement corrélé à la satisfaction.
Les attractifs (ou « delighters ») sont les éléments que le client n'attend pas, mais qui créent un effet « waouh » lorsqu'ils sont présents. Une recommandation proactive basée sur l'analyse de ses données, une mise en relation avec un autre client ayant résolu un problème similaire ou un contenu personnalisé qui anticipe un besoin futur. Leur absence ne déçoit personne (puisque personne ne les attend), mais leur présence crée un attachement et une différenciation forts. C'est souvent là que se construit la vraie fidélité.
Ce qui rend ce modèle particulièrement utile pour un CSM, c'est qu'il oblige à ne pas traiter tous les efforts de la même façon. Si vous passez votre temps à essayer de créer des effets "waouh" alors que les basiques ne sont pas assurés, vous allez droit dans le mur. Votre client ne sera pas impressionné par votre Business Review hyper travaillée si, par ailleurs, il n'arrive pas à se connecter à votre produit quand il en a besoin.
À l'inverse, si vous ne faites que le minimum (les basiques), vous ne serez jamais perçu comme un partenaire stratégique. Vous serez un prestataire parmi d'autres, facilement remplaçable.
La bonne approche, c'est de sécuriser d'abord les basiques (sans y passer tout votre temps, puisqu'ils n’augmentent pas la satisfaction), d'investir dans les proportionnels pour montrer une valeur tangible et mesurable, et de glisser ponctuellement des attractifs pour marquer les esprits et vous différencier.
Un dernier point à garder en tête : les attentes évoluent au fil du temps. Ce qui était un "attractif" hier peut devenir un "basique" demain. L'intégration native avec d'autres outils était un différenciateur il y a quelques années ; aujourd'hui, c'est un prérequis. Un bon CSM sait que cette grille n'est pas figée et qu'il faut régulièrement réévaluer où en sont les attentes de ses clients.
Bref, tous les efforts ne produisent pas le même résultat. Savoir les classer, c'est savoir où mettre son énergie.
Le conseil de pro
Le produit a souvent l'impression que les retours CS sont trop superficiels. Cette information, elle est utile. Mais elle est surtout incomplète.
Puisque l’épisode de cette semaine parle d’alignement CS / Product, impossible de ne pas mentionner cet épisode récent avec Youssef, passé de CSM à PM il y a peu. Lui aussi revenait, à l’occasion de cet épisode, sur le fait que les feedbacks remontés par les CSM sont souvent trop incomplets pour que le product puisse réellement en comprendre l’impact et en prioriser l’implémentation. Un constat partagé par Bérénice cette semaine, avec la aussi de nombreuses solutions concrètes si le sujet vous intéresse.
L’épisode à (re)découvrir
L’année dernière à Engage, Bérénice avait animé une session hyper intéressante sur l’alignement entre CSM et Product. Pour ceux qui n'auraient pas pu y assister, voici le sujet creusé dans un nouvel épisode de CSM’s & Co ! Un épisode hyper concret et activable où Berenice décrypte les raisons du manque d'alignement entre les deux équipes et des techniques concrètes pour remettre les feedbacks (qualifiés) des CSM au cœur de la roadmap produit.
La définition : Roadmap produit
La feuille de route qui priorise ce que le produit va construire, quand et pourquoi, en arbitrant entre les besoins des clients, les contraintes techniques et les objectifs business. Trop souvent subie par les CSM plus que construite avec leurs inputs.
Le post à méditer
J’ai croisé Valeriya chez SAP, où elle est CSM, lors du dernier CS Snack parisien, et depuis, j’ai le plaisir de lire ses posts réguliers, et je devais partager avec vous celui-ci, très récent, qui a beaucoup résonné. Plus les CSM deviennent stratégiques, plus le time-to-value peut s’allonger, ce qui est souvent un problème, car les clients peuvent se désengager ou avoir le sentiment de ne rien recevoir. Dans ce post elle explique comment contrer cela tout en gardant cette posture. Je vous invite à découvrir ses réflexions et à vosu abonner à ses updates !
L’événement : Nouveau CS Meet-up à Paris
Cela faisait quelques mois que je guettais le retour de l’évènement emblématique pour les CSM parisiens : les CS Meet-Up de Sue ! Une véritable institution qui réunit les CSM depuis près de 10 ans à Paris et 55 éditions ! Le prochain aura lieu le 16 avril, et j’espère bien vous y croiser pour échanger ensemble sur nos pratiques IA dans nos quotidiens de CSM. Rendez-vous chez Jamspot la semaine prochaine ?
La reco
Je n’ai jamais été très bon en grammaire et en orthographe (même si ça s’est beaucoup amélioré depuis le CP, je vous rassure) et pourtant j’adore écrire, et j’écris beaucoup (newsletter, posts, articles, scripts…). J’ai longtemps cherché une béquille pour rendre la correction plus fluide et, depuis peu, j’utilise Grammarly. L’app s’intègre à tous mes outils d’écriture et de travail, et c’est un véritable game-changer ! Si vous voulez vous assurer de faire une bonne impression sur vos clients avec un style nickel, je vous invite à le tester ! |
Le mot de la fin
Je ne le répéterai jamais assez : n'hésitez pas à partager cette newsletter avec vos collègues ou vos amis CSM et à m'envoyer tous vos feedbacks, idées de contenu, suggestions d’outils ou d’événements. Je pense cette newsletter comme un outil vraiment activable et utile, et je compte sur vous pour m’y aider !







